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Passoire thermique: un défi à relever pour l’efficacité énergétique

Passoire thermique

Vous remarquez que votre facture d’énergie augmente de façon alarmante ces derniers temps ? Il se peut que vous résidiez dans une véritable passoire thermique. Ces habitations mal isolées, qui laissent échapper la chaleur en hiver et laissent pénétrer les courants d’air en été, sont de véritables gouffres énergétiques. Non seulement elles sont un fardeau financier pour les propriétaires, mais elles ont également un impact négatif sur l’environnement. En France, ce phénomène constitue un défi majeur en matière d’efficacité énergétique.

Qu’est ce qu’une passoire thermique ?

Une passoire thermique (ou passoire énergétique) désigne un logement mal isolé, présentant des déperditions de chaleur importantes. En effet, ces habitations se caractérisent par des murs peu isolés, des fenêtres inefficaces, une mauvaise étanchéité à l’air et une absence ou une insuffisance d’isolation dans les combles et les planchers. En conséquence, ces logements consomment beaucoup plus d’énergie pour le chauffage et le refroidissement, ce qui se traduit par des factures énergétiques élevées.

Le nombre de passoires thermiques est alarmant en France. Selon les estimations, près de 7.2 millions de logements seraient des passoires thermiques, soit environ 25% du parc immobilier français. Une passoire énergétique s’associe souvent à la précarité énergétique et reflète généralement une mauvaise isolation thermique ainsi qu’un système de chauffage coûteux pour les occupants.

DPE pour identifier une passoire thermique

Pour déterminer si votre maison ou appartement est réellement une passoire énergétique, il est important de se référer à son Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Ce diagnostic a pour objectif d’évaluer la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre du logement, et de le classer selon une échelle d’étiquettes énergétiques allant de A à G. Une habitation classée A est considérée comme économe en énergie et performante sur le plan énergétique, tandis qu’un logement classé G est très énergivore. Par conséquent, on considère généralement qu’un bien immobilier est une passoire énergétique s’il obtient une classe énergétique F ou G dans le DPE.

Les conséquences des passoires thermiques

Surconsommation énergétique : Les passoires thermiques ont une mauvaise isolation, ce qui entraîne des pertes de chaleur significatives. Pour compenser ces pertes, les occupants doivent augmenter la consommation d’énergie pour le chauffage en hiver et pour le refroidissement en été. Cela se traduit par des factures d’énergie élevées et une surconsommation de ressources non renouvelables.

Émissions de gaz à effet de serre : La surconsommation énergétique des passoires thermiques entraîne une augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Le chauffage étant souvent réalisé à partir de combustibles fossiles tels que le gaz ou le fioul, cela contribue au changement climatique et à la pollution de l’air.

Confort réduit : Les logements classés comme passoires thermiques souffrent de variations de température importantes et d’un manque de confort thermique. Les occupants peuvent ressentir des courants d’air froids, des zones de chaleur excessive ou des problèmes d’humidité.

Perte de valeur immobilière : Les passoires thermiques ont également un impact financier. Ces logements ont une valeur immobilière plus faible, car ils nécessitent des travaux de rénovation énergétique coûteux pour améliorer leur performance. Cela peut rendre leur vente ou leur location plus difficile et entraîner une dépréciation de la valeur du bien.

Problèmes de santé : Les passoires thermiques peuvent avoir des conséquences sur la santé des occupants. Une mauvaise qualité de l’air intérieur due à une ventilation insuffisante ou à une isolation défectueuse peut favoriser l’apparition de moisissures, d’allergies, d’infections respiratoires et de problèmes respiratoires chroniques.

Inégalités énergétiques : Les passoires thermiques sont souvent occupées par des ménages à faible revenu qui ne peuvent pas se permettre de réaliser des travaux de rénovation énergétique. Cela crée des inégalités énergétiques, où les ménages les plus défavorisés se confrontent à des coûts énergétiques élevés et à des conditions de vie précaires.

Les initiatives pour lutter contre les passoires thermiques

Face à ce défi, plusieurs initiatives ont été mises en place pour améliorer l’efficacité énergétique des logements en France. Parmi elles, on peut citer le programme « Habiter Mieux » de l’Agence nationale de l’habitat (ANAH), qui propose des subventions et des prêts à taux zéro pour financer les travaux de rénovation énergétique. De plus, le gouvernement a mis en place des normes de performance énergétique pour les logements neufs, visant à réduire la consommation énergétique et à favoriser l’utilisation des énergies renouvelables.

En outre, la loi Climat et Résilience durcit les règlements pour les propriétaires de logements énergivores qui ont une mauvaise classification énergétique. Progressivement, les logements énergivores seront exclus du marché locatif. Selon la loi Climat et Résilience, la location de logements classés :

  • Classe G à partir de 2025
  • Classe F à partir de 2028
  • Classe E à partir de 2034

Les propriétaires souhaitant vendre leur bien immobilier devront obligatoirement effectuer un audit énergétique dit « réglementaire ». Cet audit concerne les logements avec ces DPE:

  • Classes F et G à compter du 1er avril 2023
  • Classe E en 2025
  • Classe D en 2034

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